Depuis 1996, l’Organisation
Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique exécute un programme
de production et de commercialisation du coton biologique. La phase pilote de ce
programme a été financée par Pesticides Trust, l’actuel PAN-UK (Royaume-
Uni). A partir de 1998, le programme est financé par l’Accord bilatéral sur
le Développement Durable, signé entre le Bénin et les Pays- Bas. Cet accord
est mis en ouevre au Bénin par le Centre Béninois de Développement Durable et
aux Pays-Bas par KIT / NIPS. Depuis 1999, le programme reçoit un appui
technique du bureau d’études Agro Eco des Pays- Bas.
Après des phases de faisabilité
technique, de développement de technologies et d’extension de la production,
le programme coton biologique dans sa phase actuelle, met l’accent sur
l’institutionnalisation de la filière coton biologique.
Le coton biologique est le coton
produit suivant les normes de l’agriculture biologique. L’agriculture
biologique est une forme de production agricole mettant en jeu la valorisation
de l’écosystème et l’utilisation exclusive de ressources naturelles ou
organiques comme intrants, associée à une gestion holistique du système
d’exploitation visant une production et des rendements soutenus et durables,
compatibles à la préservation de l’environnement, économiquement
satisfaisants pour les producteurs et socialement acceptables. L’agriculture
biologique fait abstraction de tout produit chimique de synthèse. Des
technologies alternatives sont développées avec les producteurs pour la
gestion des ravageurs et de la fertilité du sol.
L’inspection et la certification de
tout le système de production et de transformation par un organisme assermenté
constitue le gage du label « bio » attribué au coton.
Tableau 1 :Statistiques
de production de coton biologique de 1996-1997 à 2002-2003
|
Campagne |
No. de paysans |
Dont femmes |
Superficie(ha) |
Prix
biologique (FCFA) |
Prime au
producteur (%) |
|
1996/97 1997/98 1998/99 1999/00 2000/01 2001/02 2002/2003 |
17 47 113 119 283 468 607 |
- - 10 10 80 147 186 |
10 35 102 81 168 314 425 |
240 240 250 210 240 240 216 |
20 20 11 13,5 20 20 20 |
Le projet est exécuté à travers une approche
participative en mettant l'homme au centre des activités. Pour ce faire, un
accent est mis sur la valorisation des connaissances endogènes, le renforcement
de l'esprit d'initiatives et de recherche des producteurs. L'approche Farmer Field School (FFS) est développée pour permettre une
bonne analyse des différents aspects de l'écosystème avec les producteurs
dans leurs champs et la génération des connaissances facilement appropriables
par eux. D'autre part, pour favoriser le contrôle social pour le respect des
normes et exigences de l'agriculture biologique, un système de contrôle
interne opérationnel est mis en place et facilite aussi le renforcement de la
solidarité au sein des producteurs.
Pour soutenir la production biologique, des expérimentations
participatives sont exécutéés en milieu paysan selon les besoins exprimés
par les producteurs. Quelques thèmes d’essais exécutés sont :
§
Cultures pièges associées à un
attractif pour le contrôle des ravageurs du cotonnier dans un système
biologique : Cas de l’Envirofeast associé aux cultures vivrières :
maïs, niébé
§
Détermination du spectre
d’activité biologique des extraits acqueux des feuilles Tephrosia vogelii
seul ou associé aux graines l’Azadirachta indica (neem) ;
§
Evaluation de l’efficacité de
la bouse de vache et des tourteaux de palmiste dans la fertilisation du coton
dans un système biologique.
Le
coton biologique constitue un précurseur
de développement et d’auto promotion des producteurs et un instrument de
lutte conte la pauvreté. En effet, les problèmes économiques, sociaux et
sanitaires liés à la production du coton conventionnel trouvent leur solutions
dans le coton biologique. La diffusion et l’adoption de technologies axées
sur les ressources locales peu coûteuses
mettent les producteurs à l’abri de l’endettement et améliorent
leur revenu de même que leur autonomie.
Sur le plan social,
l’absence d’enjeux autour de la gestion des intrants, la transparence et la
discrétion dans le paiement et l’impossibilité de détournement épargnent
les producteurs des crises et tensions sociales. Bien plus, l’approche utilisée
dans la promotion du coton biologique met l’accent sur l’homme, la
valorisation des connaissances endogènes des producteurs et le renforcement de
la solidarité entre eux. Toutes choses concourant à la cohésion sociale, gage
de développement.
Dans le domaine de la
santé, les plaintes de malaises couramment évoquées par les producteurs
conventionnels du fait de l’utilisation des produits chimiques de synthèse
n’ont plus de cité chez les producteurs du coton biologique qui approuvent
l’innocuité des biopesticides. Ainsi, leur santé se trouve préservée et
les dépenses pour les soins amoindries. Ce qui améliore le bien-être des
producteurs.
Le projet collabore avec
des partenaires étrangers pour l’assistance financière et technique. Le
partenaire financiers du projet sont : KIT / NIPS à travers le Centre Béninois
pour le Développement Durable (CBDD). Ce partenariat s’inscrit dans le cadre
de l’accord bilatéral sur le développement durable entre le Bénin et les
Pays-Bas. Les principaux partenaires techniques du programme Coton Biologique
sont Agro Eco Consultancy –Netherland et
Ecocert international. Agro Eco apporte un appui technique pour la production du
coton biologique et la recherche de marché pour son écoulement. Ecocert
international assure l’inspection biologique. Les autres partenaires du projet
sont les réseaux Pesticides Action Network (Germany, UK, Afrique).
Le projet collabore avec
les structures étatiques clefs du
développement rural au niveau national à savoir l’INRAB et ses démembrements,
notamment la CRA-CF ; l’IITA–Bénin ; la SONAPRA et des ONGs :
SNV, REDAD, LDLD etc.
Le projet Coton Biologique évolue
vers une institutionnalisation de la filière coton biologique avec un accent
sur l’organisation des producteurs et la facilitation des échanges entre
producteurs et consommateurs du coton biologique. Dans ce cadre une conférence
est planifiée du 26 au 30 octobre 2004 au Bénin et doit regrouper les acteurs
européens et africains. Pour plus de renseignements : www.organiccottoneurope.net